Due diligence nouveau client : la check-list anti-fraude en 7 points

La due diligence nouveau client, ce sont les vérifications à faire avant la première vente : s'assurer qu'on a affaire à une vraie entreprise, qu'elle peut payer, et cadrer la relation comme il faut. La plupart des TPE et PME sautent cette étape, jusqu'au jour où elles livrent une société fantôme.

Gestion du risqueJuillet 2026·9 min de lecture
Sur cette page 1. Qu'est-ce que la due diligence 2. Commencer par la fraude 3. La check-list en 7 points 4. Les signaux d'alerte 5. Décider : go, no-go, conditions 6. Les erreurs qui coûtent cher 7. FAQ
L'essentiel en 30 secondes
  • La due diligence nouveau client est le rituel d'entrée en relation : on vérifie avant de vendre, pas après l'impayé
  • Commencez par la fraude, pas par la solvabilité : une société peut sembler saine et être une usurpation
  • Une check-list de 7 points, à partir de sources publiques gratuites, suffit pour la majorité des dossiers
  • L'objectif n'est pas de dire non, mais d'entrer en relation les yeux ouverts et aux bonnes conditions

1. Qu'est-ce que la due diligence d'un nouveau client

Le terme vient du monde de la finance et des fusions-acquisitions, mais ne vous laissez pas intimider. Pour une TPE ou une PME, la due diligence nouveau client se résume à une question simple : est-ce que je peux entrer en relation avec cette entreprise sans me faire avoir ? C'est un contrôle d'entrée, réalisé avant la première commande importante, pas un audit à 10 000 euros.

Concrètement, vérifier un nouveau client tient en trois couches qui se cumulent :

D'abord l'identité : l'entreprise existe-t-elle vraiment, est-elle bien celle qu'elle prétend être, n'est-ce pas une fraude ? Ensuite la solvabilité : a-t-elle les moyens de payer ? Enfin le cadrage : à quelles conditions on accepte de travailler. La plupart des articles sur le sujet s'arrêtent à la deuxième couche. Or c'est la première qui sauve le plus de trésorerie.

Attention à ne pas confondre. La due diligence nouveau client n'est pas l'audit d'acquisition d'une société entière, beaucoup plus lourd. Et ce n'est pas non plus l'enquête financière approfondie : celle-là, nous la détaillons ailleurs. Lire les ratios d'un bilan, c'est notre guide solvabilité d'une entreprise ; enquêter sur la santé réelle d'une société, c'est santé financière d'une entreprise ; noter vos clients dans la durée, c'est le scoring client. La due diligence, elle, c'est le moment d'entrée : le rituel qui déclenche ces analyses et y ajoute la couche que personne ne regarde, la fraude.

2. Pourquoi commencer par la fraude, pas par la solvabilité

Tout le monde vérifie si un client peut payer. Presque personne ne se demande d'abord s'il s'agit d'une vraie entreprise. C'est pourtant là que se cachent les pertes les plus brutales : pas un client qui se débat avec sa trésorerie, mais une société qui n'a jamais eu l'intention de payer, voire qui n'existe pas vraiment.

Le risque n'est pas théorique. En 2024, 64 % des entreprises françaises ont subi au moins une tentative de fraude, en hausse de 28 % sur un an (baromètre Trustpair). Et se faire passer pour un client légitime n'a rien d'anecdotique : parmi les fraudes commises par des tiers, le faux client arrive juste derrière le faux fournisseur, à quasi-égalité (41 % contre 42 %, baromètre Allianz Trade 2026). Une entreprise frauduleuse soigne d'ailleurs les apparences qui rassurent : un beau site, un numéro de SIRET emprunté, un dirigeant au nom crédible.

Voici les fraudes que nous voyons le plus souvent au moment de l'entrée en relation :

Type de fraudeComment elle se présente
Usurpation d'identité d'entrepriseLe fraudeur emprunte le nom et le SIRET d'une vraie société, mais détourne la livraison ou le paiement vers ses coordonnées
Société éphémèreStructure créée il y a quelques mois, qui passe une grosse commande puis disparaît sans payer
Fraude au faux RIBUn RIB qui ne correspond pas à la raison sociale, ou un changement de RIB de dernière minute
Faux dirigeant ou faux mandatL'interlocuteur prétend engager la société sans en avoir le pouvoir, ou usurpe l'identité du dirigeant

Le point commun de toutes ces fraudes : elles passent au travers d'une analyse de solvabilité classique, parce que la société de référence, elle, est bien réelle et bien notée. Seul un contrôle d'identité, en amont, les attrape. C'est pour ça que la due diligence nouveau client commence par le doute, et seulement ensuite par les chiffres.

3. La check-list d'entrée en relation en 7 points

Bonne nouvelle : presque tout se vérifie gratuitement, à partir de sources publiques, en moins d'une heure. Voici les 7 points à cocher avant d'accorder le moindre crédit à un nouveau client. Les six premiers tiennent de l'identité ; le septième renvoie à l'analyse financière, que nous traitons en profondeur ailleurs.

1. L'entreprise existe-t-elle vraiment ? SIRET actif, immatriculation cohérente. Vérifiez l'avis de situation sur service-public.fr et la fiche sur Pappers.
2. Qui la dirige réellement ? Le dirigeant déclaré correspond-il à votre interlocuteur ? Regardez aussi les bénéficiaires effectifs et les autres sociétés du dirigeant sur Pappers.
3. Depuis quand existe-t-elle ? Une société créée il y a moins de six mois qui passe une grosse commande mérite une vigilance renforcée. Recoupez avec l'ancienneté du site internet.
4. L'adresse est-elle réelle ? Tapez le siège dans une carte. Un simple appartement ou une boîte aux lettres pour une "grande société", c'est un signal.
5. Le RIB correspond-il à la société ? Le titulaire du compte doit être la raison sociale exacte. Méfiez-vous d'un RIB étranger inattendu ou d'un changement de RIB en cours de commande.
6. Y a-t-il une procédure en cours ? Une recherche sur le BODACC révèle les procédures collectives et cessions récentes. Vérifiez aussi que les comptes sont déposés.
7. Est-elle solvable, et bien réputée ? Incidents de paiement signalés (via une plateforme comme Rubypayeur), avis, presse. Pour l'analyse financière fine, déléguez à votre lecture de bilan.
💡
Adaptez la profondeur à l'enjeu

Pour une commande de 300 euros, les points 1 à 4 suffisent. Dès que l'encours devient significatif, poussez l'analyse financière : nos guides solvabilité d'une entreprise et santé financière détaillent la lecture des bilans et l'enquête terrain. Et pour ne pas refaire ce travail à chaque commande, formalisez le résultat dans un scoring client.

4. Les signaux d'alerte qui doivent vous faire reculer

Au-delà de la check-list, certains comportements doivent allumer un voyant rouge. Pris isolément, aucun n'est une preuve. Mais quand plusieurs s'additionnent, mieux vaut vérifier une entreprise avant de signer plutôt que de regretter après livraison. Ces signaux d'entrée en relation complètent ceux, plus comportementaux, qui trahissent un mauvais payeur une fois la relation lancée : nous les passons en revue dans notre guide pour détecter un mauvais payeur.

Signal d'alerteCe qu'il peut cacher
Pression pour livrer ou signer viteOn vous empêche de prendre le temps de vérifier : tactique classique de fraude
Changement de RIB de dernière minuteDétournement du paiement vers le compte d'un fraudeur
Email du dirigeant sur un domaine gratuit ou presque identiqueUsurpation d'identité de la vraie société
Première commande anormalement grosseSociété éphémère qui maximise son coup avant de disparaître
Livraison vers une adresse tierce ou un transitaireMarchandise détournée, intraçable une fois partie
⚠️
La combinaison qui doit vous arrêter net

Urgence + nouveau client + changement de coordonnées bancaires : ces trois signaux ensemble sont la signature d'une fraude. Dans ce cas, ne validez rien sans rappeler l'entreprise sur un numéro officiel trouvé par vous-même, jamais sur celui fourni dans l'email. Un simple appel de contre-vérification a déjà évité bien des virements perdus.

Vos contrôles d'entrée, automatisés

LeCréditManager vérifie l'identité et la solidité de chaque nouveau client à partir des données professionnelles officielles, attribue un score de risque et suit vos encours. Vous savez en quelques secondes à qui ouvrir un compte, et à quelles conditions.

Essayer gratuitement 30 jours Sans carte bancaire · Sans engagement

5. Décider : go, no-go, ou go sous conditions

Une due diligence nouveau client ne sert à rien si elle ne débouche pas sur une décision claire. Et contrairement à une idée reçue, son but n'est pas de refuser des clients : c'est d'entrer en relation en connaissance de cause, et au bon niveau de risque. Trois issues, pas une.

VerdictCe que vous faites
GoIdentité confirmée, solvabilité correcte : conditions standards, encours de départ raisonnable
Go sous conditionsDoute modéré : acompte à la commande, encours plafonné, paiement court, et clause de réserve de propriété
No-goFraude probable ou insolvabilité avérée : paiement comptant intégral, ou refus

Quel que soit le verdict, cadrez la relation par écrit avant la première livraison. Faites accepter vos CGV B2B en amont, et glissez-y une clause de réserve de propriété : c'est votre filet si le paiement n'arrive jamais. Fixez un encours de départ prudent, que vous relèverez à mesure que l'historique se construit. Et choisissez des conditions de paiement adaptées au risque, dans le respect du cadre légal détaillé dans notre guide délai de paiement facture.

Une dernière chose : gardez une trace écrite de ce que vous avez vérifié. C'est utile en cas de litige, et indispensable si votre activité relève d'une obligation de vigilance. Et si malgré tout un client validé bascule un jour dans l'impayé, vous saurez quoi faire grâce à notre guide client qui ne paie pas : que faire.

6. Les erreurs de due diligence qui coûtent cher

01
Ne vérifier que la solvabilité

C'est l'angle mort le plus coûteux. Une société solvable sur le papier peut être une usurpation. Sans contrôle d'identité en amont, votre belle analyse financière porte sur la mauvaise entreprise.

02
Tout passer au crible pour une commande à 200 euros

La due diligence doit être proportionnée à l'enjeu. Y consacrer une demi-journée pour une petite première commande vous épuise et vous fait abandonner la pratique. Réservez l'analyse poussée aux encours qui font mal s'ils tombent.

03
Vérifier une fois, puis ne plus jamais regarder

Un client validé à l'entrée peut se dégrader en six mois. La due diligence d'entrée doit se prolonger en une surveillance légère, par exemple via un scoring rejoué régulièrement.

04
Croire le client sur parole

"Notre comptable vous envoie le Kbis demain" n'est pas une vérification. Tant que vous n'avez pas vu la pièce par vous-même, sur une source officielle, vous n'avez rien vérifié du tout.

05
Ne rien documenter

Gardez la trace de ce que vous avez contrôlé et de votre décision. C'est votre protection en cas de litige, et une obligation si votre secteur est soumis à un devoir de vigilance.

FAQ - Due diligence nouveau client

Ouvrez des comptes clients en confiance

Vérification d'identité, scoring du risque, suivi des encours et relances en 1 clic : LeCréditManager réunit tout le contrôle du poste clients dans un seul outil, pensé pour les TPE et PME. De l'entrée en relation au paiement.

Démarrer l'essai 30 jours Sans carte bancaire · Annulation en 1 clic