Due diligence nouveau client : la check-list anti-fraude en 7 points
La due diligence nouveau client, ce sont les vérifications à faire avant la première vente : s'assurer qu'on a affaire à une vraie entreprise, qu'elle peut payer, et cadrer la relation comme il faut. La plupart des TPE et PME sautent cette étape, jusqu'au jour où elles livrent une société fantôme.
Sur cette page
1. Qu'est-ce que la due diligence 2. Commencer par la fraude 3. La check-list en 7 points 4. Les signaux d'alerte 5. Décider : go, no-go, conditions 6. Les erreurs qui coûtent cher 7. FAQ- La due diligence nouveau client est le rituel d'entrée en relation : on vérifie avant de vendre, pas après l'impayé
- Commencez par la fraude, pas par la solvabilité : une société peut sembler saine et être une usurpation
- Une check-list de 7 points, à partir de sources publiques gratuites, suffit pour la majorité des dossiers
- L'objectif n'est pas de dire non, mais d'entrer en relation les yeux ouverts et aux bonnes conditions
1. Qu'est-ce que la due diligence d'un nouveau client
Le terme vient du monde de la finance et des fusions-acquisitions, mais ne vous laissez pas intimider. Pour une TPE ou une PME, la due diligence nouveau client se résume à une question simple : est-ce que je peux entrer en relation avec cette entreprise sans me faire avoir ? C'est un contrôle d'entrée, réalisé avant la première commande importante, pas un audit à 10 000 euros.
Concrètement, vérifier un nouveau client tient en trois couches qui se cumulent :
D'abord l'identité : l'entreprise existe-t-elle vraiment, est-elle bien celle qu'elle prétend être, n'est-ce pas une fraude ? Ensuite la solvabilité : a-t-elle les moyens de payer ? Enfin le cadrage : à quelles conditions on accepte de travailler. La plupart des articles sur le sujet s'arrêtent à la deuxième couche. Or c'est la première qui sauve le plus de trésorerie.
Attention à ne pas confondre. La due diligence nouveau client n'est pas l'audit d'acquisition d'une société entière, beaucoup plus lourd. Et ce n'est pas non plus l'enquête financière approfondie : celle-là, nous la détaillons ailleurs. Lire les ratios d'un bilan, c'est notre guide solvabilité d'une entreprise ; enquêter sur la santé réelle d'une société, c'est santé financière d'une entreprise ; noter vos clients dans la durée, c'est le scoring client. La due diligence, elle, c'est le moment d'entrée : le rituel qui déclenche ces analyses et y ajoute la couche que personne ne regarde, la fraude.
2. Pourquoi commencer par la fraude, pas par la solvabilité
Tout le monde vérifie si un client peut payer. Presque personne ne se demande d'abord s'il s'agit d'une vraie entreprise. C'est pourtant là que se cachent les pertes les plus brutales : pas un client qui se débat avec sa trésorerie, mais une société qui n'a jamais eu l'intention de payer, voire qui n'existe pas vraiment.
Le risque n'est pas théorique. En 2024, 64 % des entreprises françaises ont subi au moins une tentative de fraude, en hausse de 28 % sur un an (baromètre Trustpair). Et se faire passer pour un client légitime n'a rien d'anecdotique : parmi les fraudes commises par des tiers, le faux client arrive juste derrière le faux fournisseur, à quasi-égalité (41 % contre 42 %, baromètre Allianz Trade 2026). Une entreprise frauduleuse soigne d'ailleurs les apparences qui rassurent : un beau site, un numéro de SIRET emprunté, un dirigeant au nom crédible.
Voici les fraudes que nous voyons le plus souvent au moment de l'entrée en relation :
| Type de fraude | Comment elle se présente |
|---|---|
| Usurpation d'identité d'entreprise | Le fraudeur emprunte le nom et le SIRET d'une vraie société, mais détourne la livraison ou le paiement vers ses coordonnées |
| Société éphémère | Structure créée il y a quelques mois, qui passe une grosse commande puis disparaît sans payer |
| Fraude au faux RIB | Un RIB qui ne correspond pas à la raison sociale, ou un changement de RIB de dernière minute |
| Faux dirigeant ou faux mandat | L'interlocuteur prétend engager la société sans en avoir le pouvoir, ou usurpe l'identité du dirigeant |
Le point commun de toutes ces fraudes : elles passent au travers d'une analyse de solvabilité classique, parce que la société de référence, elle, est bien réelle et bien notée. Seul un contrôle d'identité, en amont, les attrape. C'est pour ça que la due diligence nouveau client commence par le doute, et seulement ensuite par les chiffres.
3. La check-list d'entrée en relation en 7 points
Bonne nouvelle : presque tout se vérifie gratuitement, à partir de sources publiques, en moins d'une heure. Voici les 7 points à cocher avant d'accorder le moindre crédit à un nouveau client. Les six premiers tiennent de l'identité ; le septième renvoie à l'analyse financière, que nous traitons en profondeur ailleurs.
Pour une commande de 300 euros, les points 1 à 4 suffisent. Dès que l'encours devient significatif, poussez l'analyse financière : nos guides solvabilité d'une entreprise et santé financière détaillent la lecture des bilans et l'enquête terrain. Et pour ne pas refaire ce travail à chaque commande, formalisez le résultat dans un scoring client.
4. Les signaux d'alerte qui doivent vous faire reculer
Au-delà de la check-list, certains comportements doivent allumer un voyant rouge. Pris isolément, aucun n'est une preuve. Mais quand plusieurs s'additionnent, mieux vaut vérifier une entreprise avant de signer plutôt que de regretter après livraison. Ces signaux d'entrée en relation complètent ceux, plus comportementaux, qui trahissent un mauvais payeur une fois la relation lancée : nous les passons en revue dans notre guide pour détecter un mauvais payeur.
| Signal d'alerte | Ce qu'il peut cacher |
|---|---|
| Pression pour livrer ou signer vite | On vous empêche de prendre le temps de vérifier : tactique classique de fraude |
| Changement de RIB de dernière minute | Détournement du paiement vers le compte d'un fraudeur |
| Email du dirigeant sur un domaine gratuit ou presque identique | Usurpation d'identité de la vraie société |
| Première commande anormalement grosse | Société éphémère qui maximise son coup avant de disparaître |
| Livraison vers une adresse tierce ou un transitaire | Marchandise détournée, intraçable une fois partie |
Urgence + nouveau client + changement de coordonnées bancaires : ces trois signaux ensemble sont la signature d'une fraude. Dans ce cas, ne validez rien sans rappeler l'entreprise sur un numéro officiel trouvé par vous-même, jamais sur celui fourni dans l'email. Un simple appel de contre-vérification a déjà évité bien des virements perdus.
Vos contrôles d'entrée, automatisés
LeCréditManager vérifie l'identité et la solidité de chaque nouveau client à partir des données professionnelles officielles, attribue un score de risque et suit vos encours. Vous savez en quelques secondes à qui ouvrir un compte, et à quelles conditions.
Essayer gratuitement 30 jours Sans carte bancaire · Sans engagement5. Décider : go, no-go, ou go sous conditions
Une due diligence nouveau client ne sert à rien si elle ne débouche pas sur une décision claire. Et contrairement à une idée reçue, son but n'est pas de refuser des clients : c'est d'entrer en relation en connaissance de cause, et au bon niveau de risque. Trois issues, pas une.
| Verdict | Ce que vous faites |
|---|---|
| Go | Identité confirmée, solvabilité correcte : conditions standards, encours de départ raisonnable |
| Go sous conditions | Doute modéré : acompte à la commande, encours plafonné, paiement court, et clause de réserve de propriété |
| No-go | Fraude probable ou insolvabilité avérée : paiement comptant intégral, ou refus |
Quel que soit le verdict, cadrez la relation par écrit avant la première livraison. Faites accepter vos CGV B2B en amont, et glissez-y une clause de réserve de propriété : c'est votre filet si le paiement n'arrive jamais. Fixez un encours de départ prudent, que vous relèverez à mesure que l'historique se construit. Et choisissez des conditions de paiement adaptées au risque, dans le respect du cadre légal détaillé dans notre guide délai de paiement facture.
Une dernière chose : gardez une trace écrite de ce que vous avez vérifié. C'est utile en cas de litige, et indispensable si votre activité relève d'une obligation de vigilance. Et si malgré tout un client validé bascule un jour dans l'impayé, vous saurez quoi faire grâce à notre guide client qui ne paie pas : que faire.
6. Les erreurs de due diligence qui coûtent cher
C'est l'angle mort le plus coûteux. Une société solvable sur le papier peut être une usurpation. Sans contrôle d'identité en amont, votre belle analyse financière porte sur la mauvaise entreprise.
La due diligence doit être proportionnée à l'enjeu. Y consacrer une demi-journée pour une petite première commande vous épuise et vous fait abandonner la pratique. Réservez l'analyse poussée aux encours qui font mal s'ils tombent.
Un client validé à l'entrée peut se dégrader en six mois. La due diligence d'entrée doit se prolonger en une surveillance légère, par exemple via un scoring rejoué régulièrement.
"Notre comptable vous envoie le Kbis demain" n'est pas une vérification. Tant que vous n'avez pas vu la pièce par vous-même, sur une source officielle, vous n'avez rien vérifié du tout.
Gardez la trace de ce que vous avez contrôlé et de votre décision. C'est votre protection en cas de litige, et une obligation si votre secteur est soumis à un devoir de vigilance.
FAQ - Due diligence nouveau client
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